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La saga du Funiculaire (2/10)

Dessin publicitaire de 1902 présentant le premier projet de Funiculaire à Bregille

Pendant l'été, revivez avec nous la saga du Funiculaire ! Chaque mercredi, retrouvez un épisode de l'histoire de notre Funi, des origines à nos jours... Cette semaine : les différents projets.

Le premier projet (1899-1902)

Le 26 mai 1899, Émile Picard écrit de nouveau au maire de Besançon afin de solliciter une concession pour l'établissement d'un funiculaire, le long du sentier de l'Aiguille. Picard est particulièrement habile et tenace dans ses lettres envoyées à la municipalité, notamment parce que celles-ci sont assorties de dizaines de signatures (dont la plupart de propriétaires bregillots) donnant ainsi à son projet une crédibilité incontestable. Une lettre, datée du 27 juin 1899, confirme ainsi l'existence d'un projet de funiculaire.

Ce vœu est exaucé le 25 novembre 1901 lorsque la concession qu'il avait demandée lui est accordée, pour une durée de 75 ans, avec une subvention annuelle de 1 900 francs. C'est alors qu'Émile Picard fonde la Compagnie des Tramways Électriques au plateau de Beauregard et commence à réellement mettre au point son projet. Par la suite, Picard demande 6 000 francs de subvention au Département du Doubs en invoquant un projet d'utilité publique. Cependant, le conseil général du Doubs refuse de subventionner le funiculaire dans sa séance du 20 août 1902, mettant en doute l'utilité générale du projet.

Le deuxième projet (1905)

Après ces échecs et tenant compte des nouvelles innovations technologiques, Picard propose un nouveau projet très différent du premier : en juin 1905, il parle d'un tramway électrique d'une longueur de 762 mètres, ayant pour point d'arrivée l'école des Hauts de Bregille. Mais cette fois Picard met toutes les chances de son côté, et propose plus qu'une simple idée, en adjoignant des plans, des études... ce qui permet d'avoir un projet concret et abouti.

Cette ligne de tramway électrique suscite de nouveau l'intérêt de la municipalité ce qui permet de renouveler sa demande auprès du conseil général du Doubs. C'est ainsi qu'un décret d'utilité publique est officiellement signé en août 1908 et qu'une nouvelle convention est signée avec la ville de Besançon pour renouveler la subvention accordée six ans auparavant.

En 1909, un cahier des charges est établi, ce qui permet de voir que la construction de tramways va poser de grandes difficultés techniques. En effet, les moteurs des tramways n'avaient qu'une puissance de 30 chevaux, ne permettant pas de gravir la montée du sentier de l'aiguille d'une inclinaison de 22 %. Le cahier des charges en fait référence.Il est donc décidé d'incorporer une crémaillère sur la côte la plus abrupte du sentier de l'aiguille mesurant environ 390 mètres, et en pente de 21 %4. Quant au restant du tronçon il sera sur une voie de tramway classique à simple adhérence, en pente de 80 ‰

Le projet définitif (1908-1912)

Le projet définitif comprend deux tronçons : un système de funiculaire sur les pentes abruptes du sentier de l'aiguille actionné par un moteur électrique, et le reste du tronçon devient une simple ligne de tramway. Le trajet s'effectue donc en deux temps, avec un changement au niveau du sentier de l'Aiguille. En face de la gare dite supérieure une station est édifiée pour le départ du tramway.

Cette ligne de tramway prévue doit être construite lorsque le secteur de Bregille aura gagné en habitants, mais ne sera finalement jamais établiea. Le premier tronçon était estimé à un coût de 230 000 francs or, avec un effectif de 150 000 voyageurs annuellement.

Le capital de la compagnie était à l'époque de 230 000 francs divisés en 460 actions de 500 francs. Parmi les principaux actionnaires on retrouve Charles Krug (maire de Besançon de 1919 à 1925), le docteur Heitz et bien sur, Émile Picard détenant à lui seul 25 000 francs de capital (50 actions) soit plus de 10 % du total capital. Les premiers travaux de terrassement ont lieu en juin/juillet 1911 parallèlement à une enquête d'utilité publique auprès des Bisontins.

La construction du funiculaire est confiée aux établissements Louis de Roll basés à Berne. Les voitures mesurent 8,50 mètres et sont munies de deux compartiments voyageurs comprenant 16 places assises, un compartiment bagages pouvant accueillir huit à dix personnes ainsi que de deux plates-formes destinées aux wattmans.

Le 24 novembre 1912, les premiers voyages publics sont organisés, et en février 1913 Picard signe une nouvelle convention avec la municipalité lui accordant un décret d'utilité publique le 6 mars de la même année. Pourtant, le projet aboutit un peu tard : l'activité thermale est en déclin et la Première Guerre mondiale approche. Cependant de nombreux utilisateurs empruntent le funiculaire, parmi eux des artisans, des agriculteurs, des ouvriers, des militaires postés au fort de Bregille...

En 1912, les tarifs définitifs sont fixés : 0,15 franc pour un aller simple, 0,29 franc pour un aller-retour et 5,50 francs pour un carnet de 50 tickets

 

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