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Le contexte historique

Avant d'aborder les enjeux liés à la création du funiculaire conduisant au plateau de Bregille, il est préférable de dresser un état des lieux rapide de la capitale comtoise en cette fin de dix neuvième siècle.


Besançon, ville horlogère, compte environ 60 000 habitants. La "vieille ville espagnole" de Victor Hugo semble alors bien engagée sur la voie du progrès: l'urbanisation a dépassé les fortifications qui freinaient depuis longtemps le développement de la ville, certains remparts sont (hélas) dérasés, pour faciliter l'accès au centre. Un certain nombre d'établissements publics voient d'ailleurs le jour en dehors de la "boucle", ce qui jusqu'alors était impensable. Le premier en date est la gare de la Viotte, construite par la société P.L.M. en 1855 au sommet des glacis de Battant, dont l'emplacement est loin de faire l'unanimité. Viendront ensuite la prison de la Butte (1882), la gare de la Mouillère (1883), et enfin le complexe thermal en 1892-1893.


Ce complexe se décompose en plusieurs éléments: établissement thermal ("Les Bains"), casino, restaurant, salle des fêtes (dite "Nouveau Théâtre"), et enfin un luxueux hôtel qui voit le jour en 1893, le Grand Hôtel des Bains. L'ensemble est construit à proximité immédiate du centre, mais en dehors de la boucle, derrière la promenade Micaud aménagée un demi-siècle plus tôt. Il semble que la proximité immédiate avec la toute nouvelle gare de la Mouillère (destinée à supplanter la gare de la Viotte...) ait été un critère décisif pour le choix de l'emplacement. En arrivant par le train, qui rappelons-le, était alors le moyen de transport le plus rapide, les curistes pouvaient donc se rendre directement sur leur lieu de séjour.


Au delà de cette gare monumentale, signée Charles Ducat, s'élance une colline verdoyante connue sous le nom de Mont de Bregille, au sommet duquel on trouve alors un village de trois cent âmes (Bregille), ainsi qu'un fort militaire construit au début du siècle pour protéger la ville des invasions. L'affluence touristique, dès la première saison, amène à reconsidérer entièrement l'utilisation de ce patrimoine naturel exceptionnel, à quelques minutes du centre-ville, jusqu'alors réservé à l'agriculture ainsi qu'à la viticulture (sur les coteaux).
En effet, cette colline, idéalement située, pourrait donner lieu à toutes sortes de promenades en forêt, où les curistes pourraient trouver un air de moyenne montagne, plus pur qu'en ville (Le centre ville se situe à 250 mètres d'altitude, le Mont de Bregille culmine à 425m).
Seulement, il est très difficile de se rendre sur ce plateau. Il n'existe aucune route y conduisant à part quelques chemins caillouteux et quelques sentiers forestiers escarpés. Impossible d'enviseager leur utilisation à des fins touristiques. De plus, les automobiles et les tramways ne peuvent pas monter cette côte. Pourtant, il faudra bien envisager un moyen de transport si l'on veut construire un préventorium sur le plateau, pour compléter le complexe thermal, ainsi qu'un second hôtel, car celui des Bains (85 chambres) s'est très vite révélé sous-dimensionné.


Curieusement, la municipalité d'alors évoque ces projets sans pour autant se soucier de relier le plateau par un moyen de transport moderne et efficace. En effet, cette initiative viendra d'un particulier, industriel et riche propriétaire terrien sur le plateau de Beauregard-Bregille, Emile Picard. Besançon avait trouvé son "Monsieur funiculaire"...

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