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Les Amis du Funiculaire de Besançon - Page 63

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    Le rachat du Funiculaire par la Ville de Besançon (1941-1943)

    Après quelques mois d'interruption, nous poursuivons notre exploration des archives du Funiculaire de Bregille.

    Au début des années 1930, la Compagnie des tramways électriques au plateau de Beauregard, administrée depuis la démission d'Emile Picard (1928), par Joseph Billiotte (assureur à Besançon), se montre tout aussi rentable qu'elle l'avait été du temps de son fondateur, générant des bénéfices de l'ordre de 14 000fr par an. Il semble toutefois que durant cette période, la Compagnie ait limité ses dépenses d'entretien, négligeant quelque peu les bâtiments. Le trafic, quant à lui, reste stable, sans pour autant attaiendre les sommets des années précédentes (près de 180 000 voyageurs au milieu des annéees 20).

    L'année 1935 marque un coup d'arrêt à cette relative prospérité, les bénéfices n'ayant jamais été aussi bas. D'après le Conseil d'Administration, "les maigres résultats beneficiaires de 1935 sont motivés par une nouvelle baisse des recettes de 5761 fr et une augmentation des dépenses de 6397 fr". On n'en saura pas plus...

    Les événements politiques de 1936, notamment l'arrivée au pouvoir en France du Front Populaire, et l'adoption des lois sociales (semaine de 40h, congés payés...), auront une incidence directe sur les résultats de la Compagnie. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, elle enregistre un déficit de 3840,15 fr. Les années suivantes verront les dépenses exploser. De l'ordre de 70 000 fr en 1936, elles atteidront 105 000 fr en 1938 et ne cesseront dès lors d'augmenter, alors que la fréquentation est en baisse. Cette hausse brutale est liée à la loi sur la semaine de 40h (les employés de la Compagnie effectuaient alors 70h...), obligeant à embaucher une seconde équipe. Pour couronner le tout, l'année 1938 sera le théâtre de nombreuses interruptions de service (au moins quatre) durant parfois plusieurs semaines, afin de remettre en état successivement les voitures, les stations, la voie, les machineries... Les plaintes des habitants sont nombreuses, si bien que la Ville est contrainte de mettre en place un service de subsitution par autobus aux heures de pointe, assuré par la Compagnie des Monts Jura.

    ( à suivre...)

     

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    Témoignages

    Voici quelques témoignages recueillis récemment sur le Funiculaire:

    "Ayant passé toute mon enfance rue Emile Picard, j'ai utilisé quotidiennement le Funiculaire pendant des années... Je me souviens de nos courses effrenées pour "attraper" le dernier à 19h30, et que régulièrement je voyais partir, alors que je passais le passage à niveau... Et ensuite, à moi le raide chemin de l'Aiguille, qui m'a permis d'avoir de bons mollets dans la vie!

    Pratiquant ensuite du tennis à Trépillot (des distances qui feraient peur aux jeunes d'aujourd'hui) j'y allais en vélo en appréceiant de pouvoir remonter à Bregille en Funi..."

     

    "Mamie de 72 ans, je me rappelle souvent du bonheur de mes cousins et cousines, parisiens et lyonnais, quand nous le prenions pour amorcer nos "crapahutages" à travers la colline de Bregille..."

     

    "J'ai vécu toute ma jeunesse rue du Funiculaire et passais pratiquement tous mes jeudis à descendre les escaliers -en glissant sur les barres- en remontant par le Funi puisque celui-ci était géré par pépé et mémé Rahn, qui était lui mécanicien, et elle, wattman.

    J'ai vécu le bombardement du croisement (id est, l'évietement central), il y avait eu plusieurs morts..."

     

    "Son bon fonctionnement était assuré par un mécanicien, logé sur place, monsieur Rahn, et par deux wattmen: le père Brézard et le père Vuillemin. Le père Brézard était coiffé, été comme hiver, d'un chapeau de pêcheur à  la ligne, en jons tressés, alors que le père Vuillemin portait tout aussi régulièrement, d'un bout de l'année à l'autre, un feutre noir et une tenue sombre qui lui conféraient un air de gravité impressionnant. Il était, au demeurant, d'une parfaite courtoisie, mais le père Brézard était plus amène. Chacun d'eux bénéficiait d'une journée de repos hebdomadaire!

    Ces jours-là, Madame Rahn, vêtue d'un sarrau de lustrine noir, le chef surmonté d'un calot bleu-marine, en équilibre instable sur un chignon chancelant, assurait le remplacement. Elle avait, à mes yeux d'enfant, un gros défaut: entre chaque voyage, elle prisait! Et ce geste de porter à ses narines, avec le dos de sa main, le noir tabac à priser me dégoûtait un peu. Mais, par ailleurs, elle était si lamentable et si bonne! Elle nourrissait, soignait tous les chats errants. La maison du Funi était une sorte de refuge de la SPA et il y flottait toujours une odeur de pipi de chat...

    A 11h45, tous les jours de la semaine, le boulanger de la rue de la Liberté (un alsacien à l'accent de terroir!) montait par le Funi avec une charrette emplie de belles miches dorées. Il s'installait devant la porte et chacun, revenant de son travail, pouvait emporter son poids de pain encore tiède. Je dis bien "son poids" car il n'aurait pas imaginé vendre ses miches avec un déficit de quelques grammes. Il les pesait et rajoutait, quand elles s'avéraient plus légères, le morceau de pain qui rétablissait l'équilibre sur le plateau de la balance. Ce morceau s'appelait d'ailleurs "la b'sée"...

     

    "Quand j'étais petite, mes grand-parents habitaient bregille et avec mon grand-père nous prenions souvent le Funiculaire car il n'avait pas de voiture et à chaque fois, c'était pour moi une grande aventure !!!"

     

    "Je me souviens, habitant au "parc à fourrages" avenue de Fontaine Argent, des multiples fois où j'ai pris le Funiculaire pour me rendre au premier plateau de Bregille, mais surtout au deuxième pour fumer de la "fumerotte" ou pour faire de la luge..."

    N'hésitez pas à enrichir cette rubrique...

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