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L'histoire du Funiculaire - Page 35

  • Le rachat du Funiculaire par la Ville de Besançon (suite et fin)

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    La Compagnie, pour se conformer aux nouvelles lois sociales (voir notre article du 10 février), doit embaucher 3 personnes supplémentaires (semaine de 40 heures) ce qui augmente considérablement les dépenses, sans compter la légère baisse de fréquentation en 1937 et les nombreuses réparations et interruptions de service en 1938, auxquelles on peut ajouter une grève du personnel suivie d’une augmentation des salaires de 12 %. En 1936 le déficit est de 3 800 francs, en 1938 il atteint 52 000 francs. Dès 1937, Joseph Billiotte se voit contraint de demander une aide exceptionnelle de la ville de 65 000 francs pour combler le déficit, qui lui sera accordée non sans difficultés.

    En 1940, étant dans l’impossibilité de rembourser l’argent prêté par la ville dont la somme s’élève désormais à 95 000 francs, la Compagnie intente un procès contre la ville devant le Conseil de Préfecture (ex Tribunal Administratif) en paiement de cette somme pour charges extracontractuelles. Ce procès avec une municipalité qui, en période de guerre, avait sans doute mieux à faire, ne présageait rien de bon, c’est pourquoi en 1941 le Ministre des Travaux Publics de l’Etat français suggère un rapprochement entre la compagnie et la Ville.

    En effet, les solutions permettant de résoudre le litige sont peu nombreuses. Evidement la ville peut renoncer à l’argent prêté, mais ce serait remettre le problème à plus tard. La compagnie peut tout simplement être mise en faillite, mais elle rend de grands services à la population du plateau toujours plus nombreuse. Enfin la dernière solution consiste en le rachat par la Ville de la compagnie.

    Si l’on se réfère à l’article 19 du cahier des charges, l’alinéa 1 dit ceci " La Ville de Besançon aura toujours le droit de racheter la compagnie ". Cette solution est donc tout naturellement proposée par la Commission des Transports, compte tenu " des services rendus aux Bregillots mais surtout du point de vue touristique ". Jean Minjoz, alors adjoint au Maire délégué aux transports, propose en 1941 le rachat des actions pour leur valeur nominale, ce qui portait la valeur de rachat à 195 500 francs.

    Cette somme est jugée inacceptable par Billiotte qui ajoute à cette somme le remboursement du déficit d’exploitation, l’intérêt statutaire calculé à 5 % du capital action, plus les frais d’administration centrale, ce qui porte la somme de rachat à 445 500 francs. Après plusieurs tractations entre la ville et la compagnie, un terrain d’entente est trouvé et l’on se met d’accord sur un prix de rachat de 350 000 francs. Cette somme est approuvée par le Conseil Municipal dans sa séance du 22 octobre 1941, le rachat définitif sera entériné le 23 janvier 1942 bien qu’il n’ait pas encore été décidé de la nature de la future exploitation (régie ou non ?).

    Peu de temps après suivront les accords des actionnaires lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire, puis celui de la préfecture au mois d’octobre, la convention de rachat sera signée le 20 novembre 1942.

    Après encore quelques hésitations concernant la nature de l’exploitation, le conseil municipal décide le 25 février 1943 de créer provisoirement une régie (au départ pour 3 ans mais qui, finalement, durera jusqu’à la fin). La ville deviendra définitivement propriétaire le 1er avril 1943. La Compagnie des Tramways Electriques au plateau de Beauregard-Bregille disparaît donc, 41 ans après sa fondation, laissant la place à la Régie du Funiculaire de Bregille.

  • Ode pour le glorieux ravalement du Funi

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    Article extrait du Journal de Bregille, décembre 1981

     

    Pardon nous avions cru dans un propos cynique

    Au rapt incidieux de tes roulants appas

    Mais voici qu'aujourd'hui ta beauté mécanique

    Tourne résolument le dos au noir trépas.

    Tu trônes, lourd déjà de tes succès futurs

    Prêt à bondir au vert sommet de la grimpette

    Et tout Bregille astique en secret les trompettes

    Qui sonneront bientôt pour toi seul dans l'azur

    Ta robe a pris ce ton des tournesols champêtres

    Avec un rien de cuivre étincelant au front

    Et ta joue s'embellit des reflets qu'on voit naître

    Au brillant plexiglas de ton museau si rond.

    Ah! ta moitié sera bienheureuse demain

    Quand au doux croisement des voies parallèles

    Vos flancs se frôleront en un léger bruit d'ailes

    Sous le regard ému de vos amis humains

    Que chantent maintenant nos choeurs mélodieux

    Et que de gais bouchons bondissent sur nos tables

    Pour ton siècle nouveau qui germe sous nos yeux!

    Tout ça pour dire qu'il faudrait s'arrêter de dérailler et qu'une petite fête pimpante en l'honneur de cette bonne vieille bête qui s'est refait une beauté ne serait pas à dédaigner!

    Le Poil à Gratter

  • Le rachat du Funiculaire par la Ville de Besançon (1941-1943)

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    Après quelques mois d'interruption, nous poursuivons notre exploration des archives du Funiculaire de Bregille.

    Au début des années 1930, la Compagnie des tramways électriques au plateau de Beauregard, administrée depuis la démission d'Emile Picard (1928), par Joseph Billiotte (assureur à Besançon), se montre tout aussi rentable qu'elle l'avait été du temps de son fondateur, générant des bénéfices de l'ordre de 14 000fr par an. Il semble toutefois que durant cette période, la Compagnie ait limité ses dépenses d'entretien, négligeant quelque peu les bâtiments. Le trafic, quant à lui, reste stable, sans pour autant attaiendre les sommets des années précédentes (près de 180 000 voyageurs au milieu des annéees 20).

    L'année 1935 marque un coup d'arrêt à cette relative prospérité, les bénéfices n'ayant jamais été aussi bas. D'après le Conseil d'Administration, "les maigres résultats beneficiaires de 1935 sont motivés par une nouvelle baisse des recettes de 5761 fr et une augmentation des dépenses de 6397 fr". On n'en saura pas plus...

    Les événements politiques de 1936, notamment l'arrivée au pouvoir en France du Front Populaire, et l'adoption des lois sociales (semaine de 40h, congés payés...), auront une incidence directe sur les résultats de la Compagnie. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, elle enregistre un déficit de 3840,15 fr. Les années suivantes verront les dépenses exploser. De l'ordre de 70 000 fr en 1936, elles atteidront 105 000 fr en 1938 et ne cesseront dès lors d'augmenter, alors que la fréquentation est en baisse. Cette hausse brutale est liée à la loi sur la semaine de 40h (les employés de la Compagnie effectuaient alors 70h...), obligeant à embaucher une seconde équipe. Pour couronner le tout, l'année 1938 sera le théâtre de nombreuses interruptions de service (au moins quatre) durant parfois plusieurs semaines, afin de remettre en état successivement les voitures, les stations, la voie, les machineries... Les plaintes des habitants sont nombreuses, si bien que la Ville est contrainte de mettre en place un service de subsitution par autobus aux heures de pointe, assuré par la Compagnie des Monts Jura.

    ( à suivre...)